L’isolement, un mal supplémentaire ?

Illustration: Pxhere

Aujourd’hui, plus de 9 000 personnes sont contaminées par le virus en France, 264 personnes en sont décédées, et 66 millions sont concernés par le confinement. On connaît tous les symptômes et les effets du Coronavirus, mais quel est l’impact psychologique de l’enfermement ? Comment les personnes à risque ou les personnes souffrant de pathologies mentales gèrent-elles la situation ? 

Lundi 16 mars 2020, le Président de la République Emmanuel Macron a déclaré pour les deux prochaines semaines des mesures de confinement total dans toute la France en raison de l’épidémie de Coronavirus. Les Français sont invités à rester chez eux et à ne se déplacer que si cela est strictement nécessaire : faire les courses, travailler, se soigner. Sont particulièrement concernées les personnes dites « à risque » qui sont susceptibles de développer une forme plus grave du virus. On entend par là les personnes âgées, les personnes souffrant de maladies et également les personnes obèses. 

« Si je suis enfermée chez moi, c’est parce qu’il se passe quelque chose de grave »

Le confinement est un véritable fléau pour la santé mentale. Une étude faite par The Lancet démontre que la quarantaine est un facteur de stress et d’anxiété chez l’ensemble de la population. À ce propos, Lucia Romo, psychologue depuis plus de trente ans, insiste sur la situation des personnes souffrant déjà de troubles mentaux : « Si on voit déjà un taux d’anxiété et de dépression croissant chez la population générale, vous imaginez bien que les symptômes des personnes en mauvaise santé mentale ne peuvent qu’aggraver la chose ». Andrea est une étudiante de vingt ans qui souffre de troubles anxieux généralisés. Elle explique en quoi le confinement affecte sérieusement sa santé mentale : « Mon anxiété est causée par la peur d’être seule et de la maladie. La situation actuelle et le confinement appuient fortement sur ces deux éléments (…) je vie continuellement dans le rappel que si je suis enfermée chez moi c’est parce qu’il se passe quelque chose de grave et de dangereux, une menace invisible qui peut nous tomber dessus à chaque minute » explique-t-elle.

Le problème, ce n’est pas seulement le caractère anxiogène du confinement. La situation actuelle rend l’accès aux soins très difficile. Les personnes dans le besoin ont moins accès aux structures d’aide, notamment car le secteur hospitalier est très occupé. SOS amitié est une association d’écoute gratuite et anonyme dont plus de la moitié des appelants souffrent de troubles mentaux. « Il était déjà impossible de prendre tous les appels… Avec les mesures du gouvernement, les postes d’écoute sont fermés. On essaie de mettre en place une solution d’écoute à domicile mais c’est compliqué à gérer, et nous, on a toujours plus d’appels. Beaucoup d’appelants parlent du virus et de la difficulté à être enfermé chez eux avec leur famille » explique un membre anonyme de SOS Amitié. 

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